Ah mais je vous vois venir, Daniel Craig, oui bon, quand on pense à Daniel Craig, on visualise quelque chose genre ...
ça. De beaux muscles, le regard d'un turquoise aussi turquoise que l'eau qu'il semble pourtant moins admirer que la sublime sylphide (on va dire, nous) étendue sur la plage. Mais c'est pas parce que l'été approche (je reste optimiste vous trouvez?) que je vais vous embarquer (métaphore filée la classe) sur un sujet "beaux muscles, beaux mecs, zéro calorie dans le cerveau". Parce que figurez-vous mesdames/mesdemoiselles que Môsieur Daniel Craig, bientôt de nouveau re-James Bond dans les salles obscures, a aussi tourné dans bon nombre de films, parmi lesquels le récemment vu sur canal Infamous (Scandaleusement Célèbre), ou bien encore, celui dont je vais parler aujourd'hui, Sylvia.
Allez Dan, on enfile la paire de lunettes, on change le décor, et on obtient ça : (tu peux garder le bas)
Dans ce film de 2003, Daniel incarne le poète Ted Hugues, qui fut le mari de la non moins remarquable et poétesse américaine Sylvia Plath (on reconnait Gwyneth Paltrow). Si le film choisit de mettre l'accent sur Sylvia Plath par le recours à des scènes qui mélangent ce que la jeune femme, qui souffrait de troubles bipolaires, s'imaginait, et ce que la réalité de sa vie et de sa relation (tumultueuse, orageuse) avec Ted Hugues était, il n'en demeure pas moins que Ted Hugues a joué un rôle majeur dans la mise à jour (oserai-je dire: renaissance?*) du talent de la romancière/poétesse. L'oeuvre majeure de celle-ci (on retiendra son recueil de poèmes Ariel et bien sûr aussi, La Cloche de Verre) a beaucoup à voir avec les relations difficiles qu'elle avait aussi bien avec son père mort alors qu'elle n'était encore qu'une enfant, avec sa mère, mais aussi avec son génie de mari.
J'ai trouvé le film intéressant parce que, contrairement à ce qu'on a souvent dit de Ted Hugues (parce qu'il s'est mis à la tromper, il aurait replongé Sylvia Plath dans un état dépressif qui l'aurait menée à son suicide en Angleterre, au cours du glacial mois de février 1963), le film ne tranche ni en faveur de Ted, ni en la faveur de Sylvia. Il nous laisse à voir la vie d'un fragile amour, souvent fatal et destructeur lorsque il engage la création d'une forme d'art qui lui survit.
Bon après, si tout cela vous laisse de marbre, vous pouvez toujours vous consoler avec ces scènes de plage de la Côte Est (on voit Gwyneth suffisamment de loin pour s'imaginer que la fille, c'est
un peu nous) ...

* Tout comme il est de coutume de dire que les chats ont 9 vies, Sylvia Plath, qui tente une première fois de mettre fin à ses jours alors qu'elle a une vingtaine d'années, aimait à dire qu'elle était comme un chat.
Commentaires
Je ne connais pas du tout ce film mais il m'a l'air intéressant, j'aime beaucoup les biographies non lisses, qui mettent aussi bien l'accent sur le génie que sur les défauts des personnes célèbres, qui s'écartent un peu des sentiers battus de la classique histoire de succès pour se pencher sur l'aspet humain, les méandres de l'esprit et la difficulté souvent liée au caractère fantasque des artistes.
Je l'avais déjà dit à Petite Marquise il y a quelque temps, j'ai lu un roman traitant de l'existence de Marilyn Monroe, "Blonde" de Joyce Carol Oates, dressant la triste esquisse d'une jeune femme délicate, et fragile, au-delà de son image ultra sexy complètement préfabriquée.
Ecrit par : Elea | 22.04.2008
J'ai vu ce film il y a quelques années. Les critiques n'étaient pas très bonnes il me semble. J'ai trouvé la prestation de Gwyneth Paltrow vraiment formidable dans ce film, elle avait un jeu très juste, très sobre. La biographie de Sylvia Plath est très controversée et comme tu le dis le film ne tranche pas.
(c'est mon premier commentaire sur ton blog, mais nous avons de nombreuses lectures "bloguesques" en commun ;))
Ecrit par : Lauren | 22.04.2008
hummm j'ai bien envie de le voir maintenant, je n'en avais pas du tout entendu parlé, mais je vais le chercher. mais Daniel Craig, décidement je ne suis pas fan ses "trapèzes" sont trop développés (oui c'est un détail^^), non mais à sa décharge je ne l'ai jamais vu dans un film (pas vu Casino Royal), mais ça va changer!
et je te rends la pareil: un plaisir de venir dans ton hameau Flo!
Ecrit par : Clotilde | 22.04.2008
Merci de parler de ce sujet, l'histoire de Sylvia Plath me bouleverse...
J'ai été interpellée par cette phrase :
"Il nous laisse à voir la vie d'un fragile amour, souvent fatal et destructeur lorsque il engage la création d'une forme d'art qui lui survit".
J'ai tendance à penser que la création est souvent complétée par une sorte de fièvre destructrice quand elle est poussée à son paroxysme, enlever l'aspect destructeur de la fièvre est particulièrement difficile, mais peut s'arranger avec le temps et une soif de vivre, un amour bien plus fort...
Merci :-)
Ecrit par : Une Princesse... | 23.04.2008
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